Le délai

20181014_184057 (2)

Tu vois : peu m’importe ce que je termine, la fenêtre est ouverte
et le vent entre en brassées. On ne me connait pas de cri
et j’attends pour me lever que finisse la lessive. J’ai pensé
que j’étais bien décidé à partir. Mes bagages trainent
dans la cage d’escalier descendue chaque nuit par la voisine
embrassée dans son ventre par l’amant qu’elle rejoint
pour revenir plus tard se disputer ici. Peu m’importe d’entendre
les bruits de plaisir ou de haine. Ma nuit est
le milieu d’une journée de Carême qu’un ivrogne
baptise à midi en pissant sous le balcon,
en frappant la gouttière ; appel à la prière
qui ne réveille personne, armée qui ne soulève qu’une poignée
de gyrophares. Tu vois, peu m’importe le poing enfoncé
comme un dard dans l’œil du policier ou le bleu
automatique qui lèche le nuage de pluie.
L’averse crachée sur les champs
à dix ou mille kilomètres d’ici
ne me concerne plus. Toi aussi
tu manges le fruit venu
d’un pays qui n’existe pas.
Ce que je vois te parvient dans un délai inconnu.

Cet article a été publié dans Poésie. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s