Patron patronne

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Mon premier patron voulait me voler de 340 euros. Ma mère savait y faire et l’appela, menaça par des arguments juridiques. Deux semaines plus tard, je les avais. Avant, chez lui, je découpais les fanes des tomates. Un collègue, qui n’était pas vraiment un ami, était presque toujours dans une allée proche de la mienne et racontait sans s’arrêter ses exploits sexuels (« deux espagnoles venaient dans ma chambre et faisaient… etc… »). Toute la journée était allumée la même radio qui diffusait les mêmes insupportables musiques, jusqu’à la nausée. Quand on coupait une tige de tomate trois ou quatre mètres s’écroulaient du plafond de la serre et il fallait la cacher.

Ma première patronne était la chatelaine de Chenonceau. Proto-castafiore macroniste qui avait autant de soufre dans les veines que de miel dans les mots. Elle portait des chapeaux. Une vigie était placée et quand elle arrivait, on décrochait pour entendre une vois souterraine : « Madame est sur le domaine. »

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