Phalanges

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Je ne gagne pas cette piste comme d’habitude – je fais, cette fois, un vacarme terrible qui éveille même les organes les plus repliés de mon ventre. Je ne sais pas où la mort se trouve maintenant, peut-être dans le fil où sont suspendus tes vêtements ou alors les vagues ramènent, sur les falaises craies, le bouillon nécessaire à ma disparition. J’aimerais être devant les fenêtres comme un calque transparent qui laisse, entièrement, passer la lumière et le vent. Les tuiles sont rongées de champignons. Ce que je fais commence longtemps avant l’acte lui-même – filet de plusieurs centaines de kilomètres et de plusieurs années qui drainent insensiblement les bas-fonds et ravage les coraux, dévorent les poissons. Mes empilements veulent dissimuler un formidable et insoutenable silence. Ce qui est réel, ce qui ne l’est pas, ce qui a lieu, ce qui ne fut que rêvé, l’enchaînement des évènements et des espaces, la proximité des corps, la peau et les idées, tout est mêlé et je pourrais vomir. Mes phalanges dorment crispées comme des souvenirs.

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